Portrait : Richard, collectionneur de Seiko

Rencontre avec Richard, un collectionneur de montres passionné par l’automobile et l’horlogerie Japonaise.

Ayant une grande connaissance de la marque Seiko, il a bien voulu partager son expérience sur Minute Montre.

Bonjour Richard, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Photo : Richard

Je suis responsable commercial dans le monde de l’automobile sportive. Nous sommes spécialisés dans les Lotus et les Donkervoort entre autres. J’ai aussi d’autres passions comme le VTT, la musique, et bien sûr les montres. Je suis contributeur sur le site lecalibre.com, et modérateur de groupes Facebook sur la marque Seiko.

Quel est ton parcours de collectionneur ?

Seiko cocktail
Photo : Richard

J’ai commencé à collectionner les montres il y a une petite dizaine d’années. Comme beaucoup de monde, mes premières montres étaient des montres bas de gamme  achetées chez des horlogers de centre commerciaux. Un jour on m’a offert une Seiko Kinetic Auto Relay, et c’est là que tout a basculé ! (rires)

Après avoir porté cette Seiko qui a bien vécue, j’ai commencé à vraiment m’intéresser aux montres. Je me suis inscrit sur FAM (Forum A Montres), j’ai commencé à glaner des infos puis j’ai revendu toutes les montres bas de gamme que j’avais en ma possession. Je suis tout de suite parti sur des montres automatiques, car quand tu n’y connais rien, tu te dis forcément que la montre automatique est le summum de l’horlogerie.

Aujourd’hui, j’ai tendance à  retourner sur du quartz qui a, notamment pour Seiko, une vraie légitimité et un contenu technologique incontestable. Par exemple, je suis très intéressé par les Grand Seiko à quartz, qui sont vraiment, et paradoxalement à ce que nombre d’amateurs pensent,  des montres de connaisseurs. Le mouvement 9F de chez Grand Seiko est juste fantastique, sans doute le meilleur calibre à quartz au monde.

C’est un choix qui n’est pas commun, et je crois savoir que Seiko utilise ses propres cristaux de quartz ?

Seiko Samurai
Photo : Richard

Ce qu’il faut savoir, c’est que Seiko est une manufacture qui fait tout en interne, quelles que soient  les gammes. Absolument rien n’est sous-traité. Ils font leurs propres saphirs, ils font effectivement leurs propres cristaux de quartz, leurs propres anti-chocs. Ils ont également développé leurs propres alliages, les Spron, pour les ressorts-spirals entre autres…

C’est vraiment rare, car il n’existe quasiment aucune manufacture qui est capable de produire une montre de A à Z, même en Suisse.

Mouvement Seiko et stylo Namiki
Photo : Richard

C’est pour ça que quand tu lis la presse spécialisée, tu vois souvent parler de « bienfacture » ou de  « fabriqué en Suisse ». Mais quand tu te penches sur ce que ça contient vraiment et ce que ça sous-entend, ça fait doucement rigoler. Bien sûr, il existe de vraies manufactures, qui conçoivent, fabriquent, et assemblent 100% de leur production. Mais elles sont excessivement rares. La plupart font appel à des sous-traitants spécialisés dans l’étude et la réalisation de mouvements à complications, la réalisation de cadrans… Je ne dénigre absolument pas les marques suisses, et la plupart possèdent des collections ou des modèles fort désirables et de belle facture. Par contre, j’ai l’impression qu’on est entré dans une ère ou le service marketing dicte les orientations techniques et stylistiques, et tente de vendre au prix fort des produits qui ne possèdent pas le contenu horloger en adéquation avec le tarif demandé.

Pour en revenir à Seiko, la marque commercialise des montres de 50 à 250.000 euros. Donc effectivement, beaucoup de montres sont réalisées à 100% sur chaînes, et pas toujours au Japon d’ailleurs. Il n’est juste pas possible de faire une montre de qualité à 400 euros si elle est entièrement assemblée à la main par un maître horloger. Mais malgré tout, tout est conçu et fabriqué en interne.  Je ne rappellerai pas qu’un mouvement chronographe à roue à colonne et embrayage vertical de Seiko a été acheté par une grande maison suisse pour servir de base à un de ses calibres star.

Peux-tu nous parler de ta collection un peu plus en détail ?

Grand Seiko GMT Spring Drive SBGE001,
Photo : Richard

J’ai une collection qui vit beaucoup, alors j’achète souvent des modèles pour les revendre ensuite. Ma deuxième Seiko était une Seiko Atlas, que j’ai revendue depuis. Ma 1ère montre automatique.  J’ai aussi eu la chance d’avoir une Grand Seiko GMT Spring Drive SBGE001, dont j’ai dû me séparer, à grands regrets. C’est une Grand Seiko assez atypique dans la gamme. Elle possède quasiment tous les attributs de la montre de plongée (couronne à 4h vissée, fond plein, étanchéité à 200m, aiguilles luminescentes), mais avec une fonction GMT unique qui lui permet d’offrir un triple fuseau horaire grâce, notamment à une lunette saphir sublime.

J’ai l’impression que tu aimes bien les montres peu communes.

ordinateurs de plongée Seiko
Photo : Richard

J’aime bien les montres qui sortent de l’ordinaire. En ce moment je cherche à réunir une collection de Seiko Tuna, qui sont les plongeuses mythiques de la marque. J’ai aussi commencé une petite collection d’ordinateurs de plongée à quartz de chez Seiko. Ce sont des instruments assez intéressants, qui ne sont pas du tout mainstream.

Seiko fait beaucoup d’instruments, de tool-watch, dans le sens premier du terme qui présentent souvent des caractéristiques techniques étonnantes. J’ai quelques contacts qui me proposent des modèles, et je fais parfois de belles découvertes sur les sites de petites annonces.

Quels modèles recommanderais-tu à une personne qui souhaite découvrir la marque ?

Seiko Turtle
Photo : Richard

Le premier qui me vient en tête est la Seiko SKX007, disponible à moins de 300 euros en boutique. C’est une montre de plongée automatique très polyvalente, qui s’accorde bien avec un bracelet NATO. La Seiko Turtle, récemment relancée, est également une montre iconique de la marque. Toujours en montre de plongée, je pense aussi à la Seiko Tuna, dont la naissance remonte à 1975 ! On célèbre d’ailleurs cette année les 40 ans de la « Golden Tuna », présentée en 1978, qui était la première montre de plongée à quartz avec un boitier monobloc en titane. Seiko est coutumier des premières mondiales dans le monde de l’horlogerie.

Pour ceux qui ne veulent pas de montres de sport, la Seiko Cocktail est une très bonne option. Cette montre sympa et habillée se trouve aux alentours de 400 euros. La SARB033 est également une référence en terme de rapport finition/prix. Un modèle idéal et passe-partout pour une montre à porter tous les jours, quelle que soit la tenue.

Seiko habillée
Photo : Richard

 

Pour conclure, il me semble que tu es modérateur du groupe Facebook Seiko Addict ?

Seiko concert
Photo : Richard

Effectivement, j’ai commencé à poster sur FAM, en particulier sur le sous-forum Seiko. De fil en aiguille, grâce à Frédéric, le manager de la boutique Seiko Paris, j’ai pu organiser des soirées privées pour les membres du forum. Facebook est évidemment, de nos jours un outil d’échange et de communication incontournable, et je me suis inscrit sur plusieurs groupes internationaux. A force de poster et grâce à mes modestes connaissances, j’ai été sollicité pour devenir l’un des modérateurs sur le groupe Seiko Obsession qui regroupe plus de 8000 membres. Il existe, bien sûr, des groupes francophones, tels que Club Seiko France et Seiko Addict, et je suis modérateur de ces 2 groupes également. C’est prenant, bien sûr, mais très intéressant. Ca permet d’être au plus près du ressenti des passionnés, comme moi, et d’échanger des points de vue, des infos techniques, et de rencontrer de vraies pointures dont j’ai beaucoup à apprendre. C’est vraiment passionnant !

seiko tuna papillon
Photo : Richard

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